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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 21:16

 

16 juin 2011, non sans remercier encore une fois l’association « Présence Capitale » organisatrice de la venue de Lee Ranaldo pour son professionnalisme, rencontre et interview avec un guitariste-performeur new-yorkais, humble, accessible et sympathique.

Dans ce genre de performance, Lee Ranaldo n’en est pas à son premier coup d’essai. Redite donc sans surprise pour les fidèles des expériences en solo du musicien, et pourtant… Certes, adepte depuis plusieurs années déjà de la guitare préparée(non sans rappeler les pianos préparés de John Cage et guitares disposées de Fred Fritz et Sonic Youth - forcément), il continue cependant de perfectionner ses installations instrumentales via un dispositif récurrent de guitare suspendue, utilisant baguettes, archet, téléphone portable (ici au CAPC), avec pédales d’effets. Il poursuit ainsi ses pérégrinations physiques, esthésiques, visuelles et sonores, mixant les disciplines au fil de ses balades dans les musées, visites d’expositions d’art moderne, parfois même les siennes, interrogeant ainsi les lieux, ambiances et représentations par la recherche de sons et images – sculptant toujours plus son propre univers. Performances similaires donc, mais, nous a-t-il confié, peut-être pas toujours avec des concepts aussi forts que celui ici de dystopie…

En d’autres termes : pour les personnes qui ne sont venues voir que Lee Ranaldo, il faudra revenir car il s’agissait bien plus d’un Lee Ranaldo dansle CAPC sondant les tréfonds de Dystopia.

Happen -Pourquoi avez-vous choisi de prendre part à cette exposition?

Lee Ranaldo – Ce sont eux qui m’ont choisi, qui m’ont invité.

H- Certes, mais vous auriez pu refuser l’invitation ?Pourquoi cette exposition plutôt qu’une autre ?

 

L R- J’ai accepté parce que le concept m’intéressait de par ces lumières rouges en référence à John Carpenter, et toutes ces œuvres d’art si différentes créant un spectacle à part entière. J’ai aussi accepté parce que je pense que le genre de musique que je vais jouer demain collera vraiment à l’expo.

H -Avez-vous conscience que vous êtes la seule présence humaine vivante qui prend part activement au sein même de l’exposition ? Que vous êtes en quelques sortes le seul survivant ?

 

L R - Oui, c’est comme un de ces films Le dernier homme sur Terre, errant dans la ville déserte. Je trouve cela intéressant. Je pense toutefois que les spectateurs seront avec moi, je préférerais que les gens participent avec moi.

H –Comment entendez-vous justement ce concept de “dystopie” : l’appréhendez-vous comme une fin, forme apocalyptique, ou plutôt comme une forme de renouveau, de renaissance ?

 

L R - La notion de « dystopie » est apparue quand les gens ont réagi face à la vision utopique traditionnelle. Les gens s’imaginaient qu’ils pouvaient vivre dans un monde beau, un monde meilleur. Dans les 60’s, on espérait plus de liberté, moins de restrictions, de plus en plus d’hommes libres. La « dystopie » s’est produite quand on a pris conscience qu’il n’était pas évident de concrétiser ces rêves, surtout avec le pouvoir de gouvernements puissants capitalistes, l’influence de grandes firmes et entreprises, ce genre de chose. On a commencé alors à réaliser qu’on n’était pas certains d’accéder à un monde meilleur comme on peut le constater en Lybie actuellement par exemple où au contraire, nous voyons un monde plutôt sombre, triste, apocalyptique, comme tu as dit.

Fin 70’s, début 80’s, il y avait la guerre du Vietnam, Charles Manson, des meurtres..., des différences radicales -entre la guerre en Irak et Woodstock, ce festival utopique, qui sont précisément deux exemples en totale opposition.

Déjà des films retranscrivaient cette vision noire du futur comme Blade Runner.

Je pense qu’actuellement on est dans une sorte d’entre-deux : ne sachant pas trop si on est tourné plutôt vers l’Utopie ou la Dystopie. Il y a des forces qui nous poussent dans les deux directions. Je crois qu’il est trop tôt pour savoir et prévoir ce genre de chose.

 

H - Que cherchez-vous ici dans votre pèlerinage avec votre guitare ?

L R - Je vais rechercher essentiellement certains sons que m’inspirent cet espace et ce que représentent pour moi les œuvres d’art.

 

Propos recueillis par Cynthia Brésolin, et Karen Roméro

(traduction : Karen Roméro).

Par Transparadox - Publié dans : Presse/Interviews
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